Le métier de chef de projet évolue

Le métier de chef de projet évolue : moins directif, il devient facilitateur dans la gestion des hommes qui l’entourent.

Ses qualités interpersonnelles font de lui un bon communicant, qui sait partager ses valeurs et ses convictions avec ses collaborateurs ; l’adhésion de ces derniers, leur responsabilisation et la confiance mutuelle améliorent grandement la productivité et l’efficacité de chacun.

En leader, c’est lui qui emmène son équipe, portée par la vision du projet ; il cultive l’esprit d’équipe pour la performance collective ; il soutient voire protège son équipe le cas échéant, et en est solidaire, puisque partie prenante.

En facilitateur, il aide les collaborateurs à être plus autonomes dans leurs décisions et dans la résolution des conflits ; il les accompagne dans leur apprentissage continu et leur montée en compétences ; il favorise l’acquisition de pratiques collaboratives dans le cadre de processus qu’il sait rendre applicables. Il crée un environnement de travail favorable.

Il sait négocier avec sa hiérarchie pour obtenir des ressources et des moyens, avec le client, pour ajuster le périmètre le cas échéant, avec ses pairs, pour parvenir à un engagement de leur part…

Dans un contexte de plus en plus internationalisé, il doit savoir appliquer ces bonnes pratiques dans le cadre d’équipes dispersées et hétérogènes culturellement ; face aux sous-traitants éventuels, ses qualités de négociateur, sa rigueur et son esprit collaboratif l’amènent à travailler dans de bonnes conditions de partenariat.

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Le leader serviteur

L’un des ingrédients clef de l’approche Agile est son mode de leadership. Le leader de l’équipe n’est pas la personne qui ordonne, contrôle et décide à la place de l’équipe. Au contraire, le leader Agile donne davantage de pouvoir à son équipe, met tout en œuvre pour lever les obstacles qu’elle rencontre et la protège des perturbations extérieures. On parle donc de leadership serviteur.

Nos projets deviennent de plus en plus complexes tant du point de vue technique que du point de vue des besoins fonctionnels à couvrir. De nombreuses décisions difficiles et pourtant structurantes doivent être prises avant et pendant le projet. Le leader n’est plus en mesure d’être omniscient et omniprésent. Il doit donc déléguer une partie de son pouvoir à son équipe afin de rester concentré sur l’essentiel, comme lever les obstacles rencontrés par l’équipe et protéger cette dernière des perturbations extérieures afin de garantir qu’elle soit pleinement productive. Il doit également s’assurer que la méthodologie adoptée est correctement appliquée aussi bien côté technique que côté métier. Au besoin, il doit coacher les personnes qui nécessitent un accompagnement en enseignant par l’exemple.

Donner à chaque membre de l’équipe le pouvoir d’exprimer son point de vue et influencer ainsi les décisions à prendre fait l’objet d’un excellent levier pour parvenir à la meilleure solution possible. La diversité de culture, d’expérience, de génération apporte une différence de point de vue permettant de voir les problèmes ou enjeux sous différents angles. La diversité est donc une richesse, un atout, elle est source d’innovation.

Il ne s’agit pas de basculer dans le chaos au sein duquel chacun y va de son point de vue et rien n’avance. Pour favoriser la convergence, l’équipe peut définir des valeurs fondamentales communes et sa mission. Si ces valeurs demeurent communes, la divergence de point de vue est alors une richesse permettant de faire de meilleurs choix au lieu faire tourner l’équipe en rond.

Le leader serviteur offre un cadre, des règles du jeu au sein duquel les membres de l’équipe (ou de la tribu à plus grande échelle) peuvent exprimer leur point de vue et participer aux décisions. La rétrospective est bien sûr un lieu d’expression et de décision tout comme la mêlée. Les décisions se prennent par consensus (tout le monde dit oui, ce qui est parfois difficile) ou par consentement (personne ne dit non). Lorsque le leader souhaite orienter l’équipe vers une autre direction, c’est à lui de convaincre comme les autres membres de l’équipe. Mais un leader qui applique les principes évoqués bénéficie d’un respect durable, la confiance est réciproque et l’équipe (ou tribu) se montre réceptive aux orientations proposées. C’est cette même confiance qui permet à un membre de l’équipe de révéler une difficulté qu’il rencontre plutôt que de la masquer (par peur des représailles), ce qui fait du leader serviteur un leader averti.

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