L’Urbaniste doit participer au projet…

Je parle par expérience. Pour détecter le mauvais Urbaniste, comme pour faciliter la prise en compte des propositions d’urbanisme dans les projets, une seule solution : l’immersion.

Prenez un Urbaniste compétent, qui a le souci de donner à chaque projet des clefs pour son intégration dans le SI. Mettez-le dans le projet, très en amont, avec des propositions prêtes à l’emploi (mais non gravées dans le marbre) pour faciliter la description des interfaces du produit. Cet Urbaniste aura préparé une déclinaison du Plan d’Urbanisme SI pour ce projet. Il aura entre les mains quelques modèles de processus et de données (qu’il aura captés chez les métiers). Mettez-le en contributeur actif des spécifications d’interface, d’échanges, de flux, d’intégration avec le reste du SI, etc. Demandez-lui aussi de participer au lotissement du projet, des phases de mise en œuvre du produit, etc.

Une fois ces spécifications réalisées, laissez l’Urbaniste dans le projet. Un bon urbaniste doit comprendre ce qu’il doit proposer, et pourquoi ses propositions seront confirmées ou abandonnées. Un très bon Urbaniste comprendra avant-même le projet quelles propositions d’urbanisme pourront être apportées à un projet, en fonction du contexte, en fonction du budget, de l’urgence opérationnelle, etc.

Inversement, il y a des équipiers projets qui ne veulent pas écouter ce que l’Urbaniste a à dire, et pourquoi il le dit. Tout acteur du projet devra comprendre qu’il n’est pas seul, et que le fruit de son projet doit s’inscrire avec un succès durable dans un SI existant, ce qui exprime les raisons et motivations des Urbanistes. Le projet (le build) est une phase transitoire, le produit (le run) est une phase plus longue : les opérationnels – les métiers – vivent des produits, et non des projets.

Idéalement, l’acteur projet sera immergé une fois de temps en temps dans la cellule d’Urbanisme : il participera à la construction du plan d’urbanisme, il réfléchira aux notions d’interface, aux questions autour des modèles, et apportera sa contribution à l’Urbanisme.

En conclusion

Notre métier d’Urbaniste est souvent mal vécu par les « opérationnels », alors que les objectifs sont à l’origine les mêmes : un SI efficace répondant aux besoins et enjeux stratégiques. Il n’y a pas d’Urbanisme sans projet.

Un conseil aux Urbanistes : soyez d’abord un opérationnel, réalisez des projets, avant de vous mettre à l’Urbanisme. Puis revenez souvent au projet.

Un conseil aux acteurs projet : ne confondez pas pieds sur terre et terre à terre (le premier est nécessaire, le second est néfaste). Pensez-y : les Urbanistes sont le plus souvent issus des projets, et y replongent régulièrement (si ce n’est pas le cas, invitez-les !).

Dans l’univers de l’entreprise où tout va très vite, et où le SI est un partenaire incontournable, il faut conserver une vision long terme, une sorte de sang-froid, qui permet de définir et de maintenir un cap. C’est un peu le rôle de l’Urbaniste, et c’est aussi pour cela qu’il est parfois incompris. Mais il est nécessaire.

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Publié le 20/10/2009, dans Urbanisation. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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